DÉBARQUEMENT DE PROVENCE Août 1944

 

 

           Croiseur Montcalm suite 

 

 Débarquement de Provence

 

 

                        

 


          Maintenant, nous allons nous préparer pour une autre bataille sur les  côtes de Provence.
 
     Nous recevons une communication du Commandant en chef. Nous partons pour la dernière  manche qui consiste en un débarquement Franco-Américain sur les côtes de Provence .

 

 

                     l'Amiral Lemonier nous lit le message : 

     «Que chacun de nous soit assuré que nous n'allons pas assister à la rédition volontaire des Allemands, nous  allons contribuer à les obliger à se faire tuer, à se rendre, ou à décamper .
     
Il y aura une bataille et vous pouvez être certain qu'en ce qui concerne nos deux bateaux, cette bataille sera  plus mouvementée que celle de Normandie. Ne relâchons pas notre effort, nous avons le privilège de notre  action de pouvoir contribuer à avancer, le moment est venu où la France toute entière sera libérée»
                                            "Vive La France"! »

 

           

                                        Armements du Montcalm

 

 

            

 

       Nous avons fait la corvée de munitions à Mers-El-Kebir malgré la chaleur .
 

              6 Août 1944 :

Nous allons nous éloigner des côtes d'Algérie et nous préparer dans les semaines qui viennent .
     Nous avons la visite du Général De Gaulle. Il nous a félicité pour notre courage .

 

             15 Août :

Au Salin d'Hyère nous retrouvons les croiseurs Gloire, et Emile-Bertin,  (ils n'ont pas participé au débarquement de Normandie) et le Contre Torpilleur Le Terrible, quatre cuirassés Américains le Névada, Texa, Arkansas, et un croiseur lourd: le Tuscaloosa .
 

            15 Août ,5 Heures du matin :

Nous sommes au poste de combat ,il fait presque nuit et peu de visibilité.
     Le débarquement doit s'effectuer en cinq points des Salin au Cap Roux. 
      Chaque bateau a sont rôle à jouer. Ce sont les Américains qui vont débarquer les premiers, puis un commando Français .
    De nombreuses batteries en vue, mais beaucoup sont déjà réduites au silence.
   Avec le bombardement aérien, le Montcalm doit protéger les commandos qui vont débarquer entre Saint Maxime et Fréjus, ce qui fait que nous aurons souvent à nous déplacer .
 

            5 Heures 30 :

La Flotte Aérienne de bombardements pilonne à haute altitude. Des avions de tous types passent au dessus de nos têtes, aucune batterie Allemande ne réagit encore .
    Dans certains endroits, des Dragueurs de Mines labourent les canaux pendant que des barges amènent les troupes à terre .
     Nous sommes au large de Fréjus et Saint-Maxime, mais pas pour longtemps.
     Le calme règne à bord. Il y a du brouillard qui peu, compromettre le tir des canons de 152.
     Nous n'avons pas mouillé l'ancre, car il faut faire la navette pour permettre à la troupe d'avancer .
   Vers 6 heures 20, nous ouvrons le feu. Quelques batteries Allemandes répondent à notre tir,  mais  pas  pour  longtemps .  

             9 Heures:

A Saint Raphaël nos troupes sont repoussées une première fois, mais à la deuxième tentative, c’est la réussite.
     Et ça bombarde très dur, les Allemands ont dans ce secteur des canons de gros calibre, mais à la finale, les Allemands hissent le drapeau blanc .

             20 Heures :

Alerte D.C.A et à la tombée de la nuit, l'escadre se retire au large .
 

            16 Août :

Nous patrouillons au large toute la nuit surtout pour les Sous-Marins.
    Nous ne pouvions mouillé quelque part, cela aurait été un gibier trop facile pour les Sous-Marins, surtout de nuit. (ils sont obligés de sortir leur périscope pour lancer une Torpille et c'est à ce moment là, qu'on le  surprend, si la veille est bien faite) .
   Revenons sur le théâtre des opérations. Pour l'instant, tout est calme pour nous sans doute pas pour longtemps .
   Les troupes Françaises ont bien débarquée. Elles se dirigent sur Toulon. 
   Dés la tombée de la nuit nous reprenons le large .
 

             17 Août :

Nous recevons l'ordre de se diriger sur la Corse.
 

            17 heures:

Mouillage à Propriano. 
    Le lendemain matin, ravitaillement divers et embarquement d'obus contre la terre, puis appareillage et évolution toute la nuit jusqu'au 20 Août .

           20 Août :

Au petit matin, nous nous retrouvons au large de Toulon,  Il y a beaucoup de navires de guerre.
    Nous reprenons notre tir sur les batteries de la presqu’île de Saint Mandrier.
    Quelques obus de 340 tombent à proximité des bâtiments, le cuirassé Lorraine (un vieux cuirassé ) ouvre le feu sur Cépet, un Fort avec de grosses pièces Françaises qui à été construit avant la guerre. 
   La visibilité n'est pas très bonne .

 

 

              

                            L'intèrieur d'une tourelle de 152 du Montcalm

 

             

                                 Poste central d'artillerie du Montcalm.

      

          10 Heures:

 

Nous sommes encadrés par des salves de 138 bien nourries.
   Le Georges-Leygues est touché par deux obus, un sur le pont arrière faisant des blessés parmi les servants de D.C.A, et l'autre coupe un de ses supports d'antennes .
   Le Fantasque est touché dans un tube lance-torpilles sans que celle-ci n'explose, une sorte de miracle!

          11 Heures:

Le Montcalm se rapproche et stop à 9 milles de la côte. 
   Nous sommes encadrés par des obus de 138 à tribord! En trois ou quatre minutes, d'après les dires de l'Officier de tir, nous avons reçu au moins une trentaines d'obus entre tribord et bâbord , de 10 à 100 mètres du bord; des gerbes d'eau s'élèvent un peu partout.
    Cette fois-ci, j'ai bien cru que notre compte était bon, et que la chance avait tourné.
    Cela a été une surprise, car nous ne nous attendions pas à une réaction aussi forte, nous
répondons au tir, mais sans grande précision, nous sommes un peu loin des côtes, nous nous protégeons par un  rideau de fumée et nous décampons à toute vitesse .(Photo ci-dessous)

                       

               

            Encadré par les obus, Le Montcalm tend  un rideau de fumée,

         sous le tir allemand à St Mandrier.

 

            

                                                  Tir de la tourelle 1 (la notre)  

 Cette batterie, que nous n’avions repérée, devait attendre que l'on s'approche d'elle .

 Tout ce que l'on  peut dire c’est que l'on revient de loin !
   15 Heures les canons de Cépet se réveillent.  répondons sans que nous puissions le faire taire .

    

Toute la nuit patrouille en Mer, et le jour nous retournons au combat .

25 Août 8 Heures : Le Georges-Leygues nous accoste par tribord pour transférer ses munitions. Il quitte le théâtre des opérations .

10 Heures : Appareillage pour se rendre devant Toulon.

12h: Poste de combat, nous rebombardons Cépet, ainsi que Saint - Mandrier .

16 Heures : Une embarcation du Montcalm va à bord du torpilleur Simoun, elle prend l'Amiral Lemonier et du courrier .

De 16h30 à 18h conférence de l'Amiral. Il félicite l'équipage et ensuite quitte le bord .

27 Août 12h30: Evolution devant Toulon, poste de combat le fort de Six-Fours se rend.

Nous ouvrons le feu sur Cépet, et Saint - Mandrier.

En fin de soirée Cépet nous encadre avec ces 340 mm; la nuit tombe, nous prenons le large .

28 Août au matin : Cap sur la Corse, accostage à la jetée d'Ajaccio service au mouillage, embarquement de munitions et mazout toute la nuit .

29 Août 10 Heures 30 : Nous quittons Ajaccio pour mouiller à 19h à Saint Tropez .

30 Août : Service au mouillage et permissionnaire! Le premier jour nous sommes un peu fatigués .

Du 1er au 4 Septembre, toujours à Saint Tropez, nous nous préparons, pour notre entrée à Toulon.

 

 

 

                                    

                                                           

                                              Tape de bouche

                                    

 

 


        Nous avons pu établir que du 13 au 28 Août, il fut lancé par les alliés, sur l'ouvrage de Cépet :

     - 809 bombes de 500 ou 1000 kilo, représentant un tonnage de 550 tonnes ;  au moins 1400 obus de gros calibre, représentant un tonnage de 350 tonnes .

     La batterie avait été construite avant-guerre par la Marine Française, comme élément  central  de la défence de Toulon.

     Elle comprenait quatre pièces de 340 (du type qui armait nos cuirassés «type Provence»,    placées en deux tourelles doubles cuirassées à 27 cm, et don le pivot était noyé dans des massifs de béton.

     Son emplacement avait été remarquablement bien choisi: l’ouvrage se trouvait sur un  plateau rocailleux planté de pins, au centre de la petite presqu’île de Cépet qui commandait de l’entrée de la rade.

    Les tourelles n’étaient pas visibles du large, et elle se distinguaient même très mal d’avion.

   Elle étaient suffisamment éloignées l’une de l’autre pour que l’ensemble de l’ouvrage ne pût   constituer un objectif unique: bâtiments et avions devaient donc attaquer chaque tourelle séparément.

    La machinerie, qui était une véritable mine, avec les soutes, les postes centraux de direction de tir étaient installés dans des souterrains profonds, absolument invulnérables,
   et les postes d’observation se trouvaient en casemates bétonnées et enterrées, à une grande distance en avant des tourelles.

 

     Pendant les deux premiers jours du débarquement, les bâtiments français tirèrent :
 

-         Gloire : 236 coups  (Secteur de Cavalaire - Pampelonne, Alpha)
-         Georges Leygues : 271 coups (Secteur de Sainte Maxime, Delta)
-         Montcalm : 241 coups (Secteur de Sainte Maxime, Delta)
-         Fantasque : 230 coups (Secteur de Sainte Maxime, Delta)
-         Malin : 80
coups (Secteur de Sainte Maxime, Delta)
-         Terrible : 160 coups (Secteur de Sainte Maxime, Delta)
-         Duguay-Trouin : 98 coups
-         Emile Bertin : 530 coups
-         Lorraine : …

            Pour mémoire :

    Le 2 septembre 1944, 190 565 hommes, 41 534 véhicules et 219 205 tonnes de ravitaillement avaient été débarqués et au 25 septembre, jour de la fermeture de la dernière plage, 324 069 hommes,  68 419 véhicules, 490 237 tonnes de ravitaillement avaient été débarqués,
  démontrant ainsi le succès et la nécessité de ce débarquement en Provence.

   Quant aux forces navales françaises, leur rôle a été important et les bâtiments se sont faits remarquer par la précision de leur tir.
  Leurs compositions étaient dans l'ensemble comparables à celles d'un « Fire Support Group » et elles auraient pu être utilisées groupées.
   Cependant le commandement américain tenait à assurer la responsabilité entière de l'opéra
tion. Les bâtiments français furent donc dispersés dans les forces américaines.

 

        

                        

                   Les 340 pris sur le cuirassé Provence lors du sabordage

                                     de Toulon par les Allemands.

 

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                                                                                                    Ministère de la

                                                                               Marine                 

 

 

 

 

Commentaires (2)

1. Bourquard 21/01/2014

Bonjour,
mon père a débarqué à ste maxime et son blindé a été détruit par une batterie anti char camouflée dans un kiosque à journaux à l'entrée de Toulon. Il a été reversé dans une unité de reconnaissance de la 9ème DIC et a touché le rhin du côté de Mulhouse lors d'une reconnaissance.
Respectueusement,
Philippe Bourquard

2. mr estival roland 12/06/2011

bonjour une belle marque de respect pour nos ancien mon pere a debarquer a st raphael et mon beau pere lui marin cartier maitre sur le montcalm mr Regnicoli Hilaire reste t il des marin de cette epoque au plaisir de vous lire respectueusement r estival

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