DEBARQUEMENT DE NORMANDIE Juin 1944

                                                        

 

 

 

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                    Croiseur Montcalm suite

 

  Débarquement de normandie

 

 

 Tempête; le Montcalm en prend un coup et son équipage aussi. 
Enfin les côtes d'Irlande sont en vue.
Nous contournons par l'Ecosse, nous doublons Glasgow, Faisons escale à Greenock et mouillons à côté du Paquebot Quen-Mary.
Il fait toujours très mauvais, et à 18 heures, appareillage pour Scapa-Flow arrivé le 20 Avril .
Nous commençons des exercices de tir au large de Scapa Flow et de Greenock.
 

Dimanche 8 Mai : appareillage pour Belfast et mouillage à côté du Paquebot Ile De France .
Mardi 10 : appareillage à 12 heures pour une courte patrouille et retour le soir .
Mercredi 11 : exercices divers encore plus sérieux, avec les bateaux Anglais et Américains. Puis nous faisons route sur Sapa-Flow .
Le Dimanche 15 mai, mouillage et pas de contact avec la terre .
Après divers exercices, nous sommes partis à Belfast jusqu'au 3 Juin où le Commandant du Montcalm a réuni tout l'équipage pour nous 
 lire un message du Contre-Amiral Américain.
Pour le débarquement de Normandie les croiseurs Montcalm et Georges-Leygues sont parmi les Navires de Guerres les plus proches de la côte.
 Cette place d'honneur a été demandée, et accordée .
Un deuxième message venant du commandant suprême pour tous les Navires de Guerre .


                 Ici le Général Eisenhower 

 

Nous autres de la force Ouest, nous allons débarques l'armée la plus forte du monde .
Nous avons tous la même mission: nous frayer un passage jusqu'aux plages de Normandie et à travers les défenses côtières jusqu'au coeur même de la force ennemie.
La bataille diffère en deux façons de tout ce que nous avons déjà entrepris, elle demande plus de sens Marin et plus de combat .
Nous devons opérer dans les eaux de la manche et sur la côte de France, avec de forts courants et des marées de 7 mètres. Nous devons détruire un système défensif que l'ennemi à mis quatre années à construire !...
Notre mission est telle que l'ennemi lancera contre nous tout ce qui lui reste de forces.
Ce ne sont pas des plages tenues par des Italiens, ou défendues par des fortifications actives, ce sont des positions préparées et tenues par des Allemands que les échecs précédents ont instruit.
Ils ont des batteries et des champs de mine, des bombardiers, des Vedettes lance torpilles, des Sous-Marins.
Ils essaieront de se servir de tout!...
C'est une vraie bataille que nous allons leur livrer, mais ce n'est pas nous qui avons à en craindre l'issue.
Nous apportons nos méthodes éprouvées avec beaucoup d'armes nouvelles et une force écrasante. Les marées et les courants sont un problème qu'avertis, nous savons résoudre. Il faudra plus que le dernier effort convulsif de la race supérieure pour égaler l'esprit combatif de la Marine, car c'est l'ennemi qui a peur!...
Dans notre force, il y a des Cuirassés, Croiseurs, Torpilleurs aussi, des centaines de navires et Chalands de débarquement, des douzaines d'engins d'assaut.
Chaque homme sur chaque bateau a sa propre fonction et ce sont des dizaines de milliers d'hommes et de fonctions qui s'ajoutent pour constituer une seule mission "débarquer".
Soutenir, ravitailler, et renforcer la plus belle armée que les Etats-Unis aient jamais envoyé au combat!
Nous ne faiblirons pas à cette rude tâche. J'attends avec confiance la preuve dans cette bataille la plus grande de toute l'histoire, que la Marine Américaine, Française et Anglaise, ont des Marins et des combattants qui ne cèdent à personne .

 

                                                                                       "Bon Courage"           Eisenhower

 

Maintenant, voici le message de l'Amiral Kirk chef du secteur d'Omaha, notre point de débarquement .
Le Commandant du Montcalm nous le transmet. Avec un porte voix, il demande le plus grand silence.

 11 h 30 nous sommes sur la plage arrière .
 
"Le débarquement de Normandie est très proche, l'aviation a commencé le pilonnage des côtes et notre tour est proche.
Nous ne savons pas ce qui nous attend! Mais la joie et l'espérance jaillissent dans nos cœurs. 
Ce jour si attendu de la part de la Marine Française; quatre années sans revoir notre famille et notre pays, ça compte!"


Nous répondons au Commandant par un "Vive La France"! Les minutes sont émouvantes donc plus de liaison avec la terre .
Samedi 3 Juin 12 heures 45: Appareillage de Belfast et en route pour le débarquement , mais au ralenti car le convoi est très très long, des centaines de bateaux de toute sortes; nous avons à veiller sur le convoi .
L'heure «H» est fixée au Lundi 5 à 0 h .
Des le petit jour, nous rencontrons le groupe d'appui feu destiné à Omaha Beach, les Vesters Naval, le tout composé des principaux gros Bateaux comme l'USS Texas, HMS Glasgown, l'USS Arkansas, Croiseur Georges - Leygues et nous Montcalm (navire-amiral)
La flotte d'appui-feu comprend huit Destroyers Américains et trois petits Destroyers Anglais de classe «hunt» .
La marine française est , en terme d’éffectif, la troisième flotte à participer au débarquement de Normandie, avec:

 

-2 Croiseurs (Gorges-Leygues et Montcalm)
-1 destroyer de classe Hunt
-4 destroyers d’escorte
-3 corvettes
-8 vedettes rapides..

 

Quelques Sous-Marins Allemands sont signalés. Il faut donc faire une veille très attentive.
Nous attendons l'heure H, dans ma tourelle, on entendrait une mouche voler .
Notre rôle est de détruire les défenses côtières Allemandes qui sont nombreuses et de protéger les premières troupes aéroportées .
Il y a une consigne stricte du Commandant suprême pour tous les bateaux: En aucun cas, même si le bateau, est touché nous ne devons pas quitter notre poste et devons continuer de tirer jusqu'au dernier obus, tant que la sonnerie de poste d'évacuation, ne retentisse .
Nous faisons toujours des rondes dans l'eau assez loin de Belfast.
Dimanche 4 Juin 1944, 7h30: Le Commandant en chef des forces expéditionnaires fait savoir à tous les bateaux de guerre que l'heure H est retardée de 24 heures en raison du mauvais temps. Nous faisons demi-tour et allons dans le port de Plymouth le plus près jusqu'au lendemain . 


               
                                     Le croiseur Montcalm intègre la Task Force
 
 

               

                           Participation des navires Français au débarquement

      

 

               

                                                         "Préparatifs"

  
              Lundi 5 Juin:

Le temps étant un peu mieux, nous appareillons, nous avançons lentement vers les côtes de France et avons pour mission protéger les convois .
Dans la soirée ver 18 heures, nous dépassons un important convoi de Liberty qui transporte des centaines de troupes et une multitude de Barges de débarquement .

            Mardi 6 Juin 1944 :

La nuit est à peu près calme, mais la mer est encore houleuse .
Les pauvres gars qui sont sur les barges de débarquement sont déjà malades avant le départ et ça ne s'arrange pas, car la Mer devient de plus en plus mauvaise .
Je crois que cela va être une surprise pour les Allemands qui ne s'attendent pas à nous voir débarquer par un temps pareil .
 


                          
                               Vers les côtes Française Le Georges-Leygues suivi du Montcalm




              
                                                     Le Montcalm au poste de combat


            

              0h30 :

Nous approchons de la terre de France sans trop savoir ce qui nous attend! Dans ma tourelle, il y a le silence complet .
Bientôt nous aurons Port-En-Bessin en vue. Il fait nuit, les pièces sont chargées et nous sommes près à faire «Feux» immédiatement .
Dans la tourelle, je vois chaque marin se regarder! Que peuvent-ils penser à ce moment là !

             4 Heures du matin:

Nous voyons au large de gigantesques lueurs sur la côte. C'est l'aviation qui a commencé son attaque et croyez moi, ça y va! Ca promet pour nous! On voit aussi la D.C.A Allemande qui illumine le ciel avec des obus éclairants .
Nous avançons toujours doucement, et attendons l'heure H, (en somme le signal pour ouvrir le feu) .
4 Heures 30, on nous apprend qu'une Division à été Parachutée dans notre secteur pour détruire l'Aérodrome de la Haye-Du-Puit. Il y a une réaction assez forte de la D.C.A Allemande .
4 Heures 45: Toujours le 6 Juin, on nous apprend que les dragueurs de mines sont revenus, sains et sauf de leur mission. Il fallait qu'ils frayent un passage aux Bateaux de Guerre pour qu'ils prennent positions car il y avait des mines un peu partout .
Le courant est très fort, il va falloir que nous mouillons les deux Ancres avant et arrière pour que toutes les pièces de 152 puissent tirer de la même bordée .
4h50, nouveau bombardement de l'aviation Alliée. Les batteries que nous voyons le long de la côte maintenant réagissent vigoureusement, les Allemands se déchaînent: Je vois un gros bombardier abattu par la D.C.A Allemande .


              
                                                Canons de 152 mm du Montcalm 

 

 

   

             

                                La volée des canons de 152 de la tourelle 2         

 
                  


                                        
                                             Bofor de 40 mm en action sur le Montcalm


 

               5 Heures :             

Le Montcalm et le Georges-Leygues mouillent à environ 7 kilomètres de la côte devant Port-En-Bessin, il fait à peine jour, et avons du brouillard .
Nous sommes vus des Batteries Allemandes qui ouvrent le feu, mais beaucoup trop court (heureusement pour nous); la plage est brouillée par des bouts de feuilles métalliques lancée par l'aviation .
         

              5 heures 35:

 la batterie Allemande de 155 de Longue ouvre le feu. L'Arkansas est encadré de près et une gerbe tombe à trois cents mètres devant le Georges-Leygues qui en dix minutes, la réduit au silence.
Après avoir tiré trente-trois coups de 152.
 

              6 heures 05:

Cette batterie reprend le feu sur "l'Arkansas" occupé ailleurs. Le Montcalm à son tour, la met hors de combat, définitivement, avec la tourelle 1 (la notre).
Nous tirons alors sur les ouvrages bétonnés, avec nos 152 et 90 selon leurs distances et leur importance. C'est le feu continu, nous en mettons un sacré coup et avons chaud car bien sûr la tourelle est fermée .
A notre tour, nous sommes encadrés avec leurs pièces de 88, à quelques mètres sur bâbord .
7 Heures, le cuirassé Névada ne pouvant se rendre maître d'une batterie de 155, demande au Montcalm de la réduire au silence (nous étions plus près) .
Mais aux tirs systématiques, succèdent les demandes précises des forces débarquées.
  

             8 heures 20:

Le Montcalm engage un carrefour au Sud d'Escures.
 

            8 heures 30:

Le Montcalm réduit des nids de mitrailleuses près de Sainte-Honorine Des Perles .
         

             11 heures 30:

Nous réduisons au silence 2 batteries qui se démasque au N.E de Sainte-Honorine et Est de Cabourg .
15h divers tirs sur des chars.
Une demande de tir pour le Montcalm, une petite Chapelle au centre du cimetière de Por-En-Bessin.
Tous ces tirs sont dirigé par un avion de reconnaissance .
 

              22 heures 30:

Première apparition de l'aviation Allemande: une bombe fait exploser un bâtiment sur la plage "Les Moulins". A 23 heures 15 un "Junker 88" défilant le long du Montcalm est atteint par les 40 et s'écrase en flammes à mille mètres du bâtiment. Les alertes se succèdent ainsi toute la nuit .
Une Torpille tombe par le travers tribord du Montcalm, les Poum-Poum et les canons de 152 mm crachent le feu.
Dans ma tourelle, les pièces sont très chaudes et heureusement que nous avons une forte chasse d'air après chaque coup.
 

             Mercredi 7 Juin:

Au petit matin comme nous sommes toujours au poste de combat, nous mangeons sur place ( pour ne pas changer) heureusement que ça ne nous coupe pas l'appétit .
Le 7 Juin 12 heures: La fête continue! Une bombe tombe à côté du Montcalm et nous secoue brutalement .
Plusieurs avions piquent sur les Montcalm, Georges-Leygues et Arkansas; nous en abattons plusieurs, car notre D.C.A devient plus précise.
Dans l'après-midi, nous tirons sur un croisement de route avec le Georges-Leygues; le tir est toujours dirigé par l'avion mouchard .
Ver 15 heures un point de résistance nous est signalé. Toutes les pièces sont braquées dessus. Enfin ils battent en retraite! Tous ces tirs permettent à nos troupes d'avancer plus vite . 
Nous faisons feu sur une colonne d'infanterie. Notre Officier de tir est toujours en liaison radio avec l'avion .
 

               8 Juin :

Le Montcalm et le Georges-Leygues appareillent pour aller rejoindre le Texas et le Glasgow devant la Pointe De La Percée. Nous effectuons des tirs sur des véhicules et des troupes signalés par les avions. Chaque fois, dès les premières salves, nous recevons invariablement l'appréciation .
 

             13 heures :

Le Montcalm aperçoit un transport qui saute et chavire dans l'Ouest.
A minuit on repère deux appareils ennemis descendus puis un troisième dans le 230.
Le Georges-Leygues en a compté trois, abattus au cours de cette alerte et encore un autre un quart d'heure plus tard.
 

             19 heures 40 :

Tir sur des renforts Allemands. Le village de Port-En-Bessin et ses environs tombe enfin entre nos mains .
Au cours de la nuit, des torpilleurs et des U.Boats ennemis sont signalés en baie de Seine .
Pour nous, le restant de la nuit, rien d'important à signaler. Bien sûr, nous restons toujours au poste de veille dans la tourelle: nous pouvons quand même dormir un peu sur place .
 

             4 heures 10 :

Visite éclaire de l'aviation Allemande; deux ou trois avions qui bombardent de petits objectifs sans grande efficacité, ils ne restent pas bien longtemps .
 

              9 Juin :

La visite des Marins du Georges-Leygues, à Port-En-Bessin, Libéré, est l'événement Historique de la journée, 
 

             21 heures :

Pendant que nous changeons de mouillage, cinq Focke Wulf 190 sortent des nuages bas et attaquent les caboteurs à la Bombe-Fusée. Le Croiseur ouvre le feu et l'ennemi disparaît .
Nous revenons à Port - En - Bessin .
 

            22 heures 30 :

Notre D.C.A tient en respect les quelques avions venus en reconnaissance sur le lieu du Débarquement .
Samedi 10 Juin, ver 10 heures, nous tirons sur un dernier point de résistance situé à 22 km des côtes.

 Notre travail tire presque à sa fin, car bientôt les buts seront hors de notre portée .
Dans la nuit du Samedi 10 au Dimanche 11 Juin, nombreuses alertes aériennes . 
 

           Samedi 3h30 :

Une bombe tombe à 1500 mètres par tribord du Georges-Leygues, et 10 minutes plus tard, un chapelet de six à huit bombes s'égrène par tribord du Montcalm, à partir de 300 mètres de l'arrière pour finir à 200 mètres par le travers de la passerelle. Le navire apparaît un instant en silhouette noire sur les lueurs des explosions .
Jusqu'au lever du jour, tir de D.C.A, bombes et explosions lointaines .

            Dimanche :

Dans l'après-midi de ce premier Dimanche de libération, les chalutiers et embarcations amènent de nombreux visiteurs à bord des deux croiseurs . Ils apportent des fleurs et des cadeaux personnels que nous nous partageons dans l'enthousiasme général.
Ils repartent à regrets, ver 16 heures, au milieu des acclamations. Le navire ajoute quelques denrées précieuses:
combustible pour les barques de pêche, levure, pain blanc et médicaments.

           Lundi 12 Juin :

L'Amiral Américain monte à bord du Georges-Leygues pour faire ses adieux a la division Française: "C'est avec un grand regret que je vous dis: "au revoir" ! Notre travail en commun a été extrêmement agréable en ce qui me concerne et extrêmement fâcheux pour Hitler. Je vous souhaite les meilleures chances et j'espère avoir le plaisir de travailler à nouveau avec vous le plus tôt possible".
La nuit suivante, à 23 heures 30, un avion survole le "Georges-Leygues", lâche une bombe à 800 mètres et explose.

           3 heures 50 :

Une autre explosion dans le 240 du Montcalm, au loin un bâtiment est en feu dans le nord .
 

             Le 15 Juin :

Les deux bâtiments appareillent pour Midford Haven afin d'y compléter leur combustible et leurs munitions.
L'artillerie de 152 mm du Montcalm a en effet
tiré,
843 coups; celle de 90 mm 116; de 40 mm 1230; enfin, les 20 mm, quelques milliers... tout cela sans avarie de matériel .
 

            Jeudi 15 :

Nous recevons une lettre de félicitations pour notre activité et notre courage pendant toute la durée du débarquement. Il est vrai que nous n'avons pas beaucoup dormi et nous sommes toujours restés au poste de combat .

             Samedi 17 juin :

Mouillons avec le Georgge-Leygue dans le port de Milford Haven.

 

                              
                                 Le Montcalm de retour d'un bombardement

 

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                                                                   Débarquement de Provence

 

Commentaires (3)

1. mennessier 21/06/2014

bonjour,
j'ai accompagné un veterant du Montcalm sur le 70 eme anniversaire du debarquement

2. STEFANINI René 06/06/2014

Bonjour, je suis le neuveu de Louis OCCELLI qui était secrétaire pisur le Montcalm lors du débarquement le 6 juin 44.
J'ai retranscrit son carnet de bord. Il est sur le site www.6juin1944.com/veterans/
J'ai également qq photos d'une réunion à Toulon dans les années 60.
Contactez moi si vous êtes intéressé.
Cordialement
RS

3. lescure 08/04/2014

Bonjour,
J'ai une photo identique à celle que vous présentez sous le titre "préparatif". Pouvez-vous confirmer que ce sont les préparatifs du débarquement de Normandie, car au dos de ma photo est inscrit "débarquement en Italie" ?
Merci d'avance pour les informations que vous pourrez m'apporter.
Cordialement
MJL

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