3 Juillet 1940 Mers El-Kebir


 

Cuirassé PROVENCE 

  

 
Tous les Navires de Guerre Français ont rallié un port de guerre . Pour nous, c'était
Mers - El Kébir où nous avons retrouvé
les navires de ligne Dunkerque - Strasbourg 
et
Bretagne ce qui faisait quatre cuirassés avec le nôtre  .
   Il y avait aussi de l'autre côté
de la digue cinq Contres-Torpilleurs :
 
Mogador -Tigre Kersain - L'Audacieux,Lynx et un mouilleur de mines : Commandant Teste
.
   Nous sommes resté là en attendant les ordres de l'Amiral DARLAN . Les quatre
cuirassés étaient côte à côte, le Port de Mers-El-Kébir n'étant pas très grand .
  Les ordres sont de rester là où nous étions et de commencer à démonter nos culasses.
 
Voilà pour nous une journée comme les autres, nous pensions que la guerre était terminée et que peut-être on nous renverrait dans nos foyers.
 
Hélas! depuis 48 heures l'Escadre vit à l'heure de l'armistice et nous sommes tous bien tristes cars seuls les Marins qui sont originaires de l'Afrique du Nord ont été rendus à leur foyer mais pour les autres pas de perme en vue ...

3 Juillet 1940 la bataille de


 Mers El-Kebir

 

     

Les navires Français tournent le dos à la mer, cette position ne leur permis pas de pouvoir répondre au déluge s'abattant sur eux, les grosse pièces étant tournées vers la terre.

 

 

 

 

 

   

     
          Un beau matin, au lever du jour, on nous signale qu'une Escadre Anglaise  est  au   large de Mers El - Kébir .
   Elle ne tarde pas à nous envoyer un télégramme l'Amirauté
Britannique.

  "Le Commandant HOLLAND conférer avec vous,  Marine Royale Britannique espère que nos  propositions vont permettre à la Marine FRANCAISE Vaillante et Glorieuse de se ranger à nos côtés Stop En ce cas, vos bâtiments resteront toujours les vôtre . Stop . Personne d'autre  n'aura aucune anxiété à l'avenir . Stop . La Flotte Britannique est au large d'Oran pour vous accueillir Stop .

  Il y avait leurs trois plus gros cuirassées - 
    -Le Hood , le Valiant , Resolution
    -Le Porte-Avion - Ark Royal
   -
2 Croiseurs - Arethusa , Enterprise
   -10 Destroyers - Faulknor , Fearless ,Foxhound , Vidette , Foresight , Escort , Keppel , Active Wrestler ,
Vortigern . 

  Le Commandant en Chef HOLLAND de l'Escadre Anglaise était un grand ami du comandant du Dunkerque avant le coup de Kébir , et cela va être très dur pour  lui d'être obligé de tirer dans quelques instants sur les navires Français .
   Pour nous ça à été une drôle de surprise, en somme, ils venaient avec un ultimatum. Nous avions le choix entre quatre propositions :

1 Conduire ces bâtiments dans un port Britannique et continuer la guerre aux côté de la Grande-Bretagne;

2 Conduire ces bâtiments dans un port Britannique dont les équipages seraient ultérieurement rapatriés;

3 Démilitariser ces navires suivant les instructions Britanniques; 4 Saborder ces navires.

 

   Nous avons refusé ces quatre propositions, car l'Amiral GENSOUL de la flotte Française avait donné sa parole d'honneur aux Anglais, qu'en aucun cas les bâtiments de guerre Français ne tomberaient entre les mains de l'armée Allemande.
   Nous sommes restés au poste de combat depuis le matin, sachant que les Anglais étaient capables de tout .
   On imagine dans quelles conditions difficiles, pour ne pas dire désespérées, notre flotte allait engager le combat contre un ennemi qui croyait avoir pris toutes ses précautions pour la couler entièrement .
   Le Dunkerque, au moment de l'appareillage, est touché par plusieurs obus de 380 .

Atteint à la machine avant, il est immobilisé, mais cela ne l'empêche pas de répondre .

 Possédant une supériorité écrasante de navires et d'avions pour surveiller la rade et observer les coups, la Marine Anglaise pouvait espérer détruire en quelques minutes nos bâtiments sans exception.
  Avant le combat, deux avions Anglais avaient mouillé des mines magnétiques à l'entrée de la passe de Kébir pour nous empêcher de sortir.
 la disposition des navires « cul à la jetée » enleva toute chance à nos navires de se défendre et de riposter au déluge de feu anglais :
 

         

                        Ci-dessous L'Agonie du cuirassé Bretagne

                         Le bretagne s'enfonce par l'arrière

 

                                              Le Bretagne retourné

 

Ver 16 heures, les cuirassés Anglais ouvrent le feu . Chez nous, le clairon sonne le branle-bas de combat pour tout le  monde. L'Officier canonnier nous donne l'ordre d'ouvrir le feu dès les premiers coups de canon des Anglais, comme dit le proverbe "Messieurs les Anglais, tirez les premiers".
   La Bretagne est touché par deux obus de 380 : un tombe dans les soutes à munitions et explose, le deuxième tombe dans la chaufferie avant . La Bretagne commence à prendre de la gîte sur bâbord ( voir photos ci-dessus ) avec encore beaucoup d'explosions, se retourne en quelques minutes avec presque tout son équipage excepté peut-être ceux  qui étaient au poste de combat . 
    A notre tour sur la Provence, au moment où nous appareillons, nous recevons un obus de 380 qui atteint la plage  arrière, provoque une voie d'eau et déclenche un incendie .
   Suite à cet état d’urgence, nous sommes dans l’obligation de noyer les soutes .

 Un deuxième obus atteint la tourelle de télépointage au dessus du mât tripode et sectionne net les deux jambes de   l'officier qui dirige le tir. Les deux servants qui étaient à côté de cet Officier ont également été blessés.
     Proche de la mort, l'Officier a encore eu la force de téléphoner au directeur de tir adjoint et de lui dire (Je suis 
gravement blessé prenez la suite) la Provence s'enfonce par
l'arrière et s'échoue vers la côte .
   Il faut savoir que peu avant l'attaque de Kébir, j'ai été déplacé de la tourelle 3 à la tourelle 1, j'avais mon poste dans  la   soute à munitions, à la tourelle 1 et j’avais 8 marins avec moi et deux réservistes, (deux Parisiens).
    C'est sur la tourelle 3 que l'obus est tombé. 

    le croiseur de bataille Dunkerque est touché et s'échoue, mais les Anglais jugent le Dunkerque insuffisamment endommagé et décident de le frapper à nouveau. Le 6 juillet, les avions torpilleurs du porte-avions Ark Royal reviennent achever le travail en bombardant le Dunkerque et en faisant exploser le patrouilleur Terre-Neuve. Ils ajoutent ainsi de nouveaux noms à la longue liste des victimes.



                                    Le Dunkerque est touché par une torpille aérienne

                              Dégats et victimes sur le Dunherque
                   
                                                     


   

             
En  A la PROVENCE juste avant d'avoir été touché 
             En  B le STRASBOURG ayant rompu ses amarres sort de la rade 
             En  C la BRETAGNE durement touché flambe par l'arrière.

                                       

Le Strasbourg, encadré par les gerbes d'obus appareille et fait feu de toutes ses  pièces.

 

     Le cuirassé Strasbourg , fai feu de de toutes ses pièces sur le  Hood

     
Le cuirassé Hood encadré par les obus de 340 du Strasbourg n'a pas été touché.
Il a eu beaucoup de chance

Malgré une voie d'eau très importante, la Provence réussit à s'échouer, il était temps, car l'arrière s'enfonce de plus en plus .



  
Photo inédite de ce combat (Prises par un aïeul de Monsieur Etienne Boutonnet)

 
            

 

Le Contre-Torpilleur Mogador a été touché à l'arrière par un obus de 380 du cuirassé Hood, ses douze grenades ont déchiqueté le bateau et l'équipage, il y a eu très peu de survivants.

 

 les autres Contres-Torpilleurs parviennent à sortir de la rade, engagent deux torpilleurs britanniques,coulent l'un deux, et touchent le second avant de rallier le Strasbourg .

 

 

 

 

 

Il sera tombé sur la rade de Mers El-Kébir 210 obus environ de 380 mm en vingt minutes !!!! 
   Huit jours plus tard, l'aviation Anglaise est revenue à la charge.

 Heureusement que la D.C.A de la Provence marchait encore, car nos gros calibres de 340 étaient hors de  combat,  le courant coupé, les soutes noyées .

 

   Nous avons travaillé durement 7 jours sur 7 pour renflouer le Provence, afin qu’il puisse rallier le port de Toulon.

Une fois renfloué, il y a eu pas mal de débarqués dont moi, nous étions désignés pour l' A.O.F  (car même si j'avais débarqué en France, je n'aurais pas pu remonter à Paris qui était en zone occupée) .
  

La Provence s'est fait remorqué par deux remorqueurs qui l'on ramené au ralenti à Toulon .
   J'aurais été bien content de rentrer en France avec la Provence et de revoir ma soeur Jeanne. 
   Hélas! ainsi est faite la vie et la destinée, et je ne savais pas que j'étais encore parti pour quatre  années .
   Désigné
pour Dakar , (A.O.F) pour embarquer sur le Croiseur Montcalm .
   Me voilà embarqué
pour rejoindre le Montcalm à Dakar sur un paquebot La Providence 
avec d'autre marins, et de la troupe de l'armée de terre.
       

                                                                                         

                                        

 

 

 

 

 

 

 

 Modernisée et fortement augmentée par Georges LEYGUES et César CAMPINCHI, a flotte avait une valeur militaire primordiale et représentait un enjeu capital.

 HITLER la redoutait à juste titre. La jonction de cette flotte à la Royal Navy aurait été,  pour le Führer, une catastrophe qu'il fallait empêcher à tout prix.

 Le prix qu'il consentit fut  la « zone libre .  

 Une clause de l'Armistice disposa que la flotte désarmée ne serait pas livrée aux puissances de l'Axe.

 Par là, HITLER écartait toute tentation, pour le Gouvernement français, de rallier Londres,  en emmenant la flotte.

  En sens inverse, évidemment, la Grande-Bretagne craignait que  l'Allemagne ne s'emparât   finalement de ces précieux navires. CHURCHILL prit les devants.

 Mers-el-Kebir fit la preuve de son inflexible détermination.

 Et le signal était peut-être aussi destiné à HITLER.

    Il est probable que CHURCHILL désirait beaucoup moins anéantir  la flotte française,qu'obtenir son ralliement, car cet appoint eût été un atout de très grand poids.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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                                                                                                       Après les combats        

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires (3)

1. GILQUIN 30/01/2013

Bonsoir,

Je découvre cette histoire ce jour ! Ma cousine me dit que nous aurions un oncle mort sur le navire Bretagne.

Savez vous comment nous pourrions avoir la liste des morts ?

Bravo pour site : il est super !

2. buy anabolics steroids online (site web) 28/01/2013

Comment pouvez-vous faire de votre blog (sur Blogspot) pour les membres invités seulement?

3. Hafedh EL OUED 12/08/2011

bonjour,
Je suis tunisien, mon grand père a travaillé dans le navire " la Provence" il est né en 1904 et s'est décédé 1990, je possède une photo de lui au bord de ce navire,il s'appelait Mohamed EL OUED, y a t-il une possibilité de savoir quelque chose sur sa carrière ou n'importe quelle information sur lui.
merci d'avance...

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